Il y a des moments où la tentation est là devant nous. Et bien que j’ai fait mienne la citation d’Oscar Wilde:

Le seul moyen de se délivrer d’une tentation, c’est d’y céder. Résistez et votre âme se rend malade à force de languir de ce qu’elle s’interdit. Oscar Wilde

Il existe de nombreux cas où succomber n’est pas bon pour nous, et nous le savons. Par exemple, il y a tout un ensemble de substances (gateaux, café, cigarette, alcool, etc..) qui sont toxiques pour notre corps même si nous les apprécions beaucoup. Nous savons donc qu’en cédant à cette tentation, nous créerons, à plus long terme, notre malheur. Alors comment s’y prendre pour ne pas être frustré en s’efforçant de résister? Comment ne pas mettre un couvercle sur son envie, ce qui ne conduit qu’à nous faire ruminer intérieurement, sans nous mettre en joie, ce qui, à terme, nous minera ? Existe-t-il une technique nous permettant de bénéficier de ce que nous aimons sans avoir les inconvénients qui arrivent avec ?

Comme nous l’avons vu dans d’autres enjoyettes, cette solution existe, mais elle réclame — comme d’habitude — un peu de créativité. Cette technique que nous vous proposons aujourd’hui consiste à faire comme si ce que nous prenons était réellement la substance nocive pour nous, en la transmutant intérieurement.

Prenons l’exemple de l’alcool: au lieu de prendre de l’alcool, prenez une boisson sans alcool (et si possible aussi sans sucre, sinon vous évitez un piège pour tomber dans un autre), et faites intérieurement comme si ce que vous buvez était réellement de l’alcool. Par exemple dans cette video, Jacques vous montre, dans l’atmosphère bruyante d’un restaurant, comment faire un miracle et transmuter l’eau en vin. Bien sûr que cette eau continue à être de l’eau, mais en procédant au rituel de l’œnologue (regarder la robe, humer, goûter) avec ce verre de vin, tout en vous disant que c’est réellement du vin, vous verrez que cette eau prendra une autre saveur, qu’elle aura changé de substance… C’est miraculeux, en effet 😊

Et on peut faire ça avec n’importe quoi, comme prendre un petit morceau de pain (du bon tant qu’à faire) en imaginant que c’est un excellent gateau. Personnellement, j’adore la charcuterie (j’étais addict), mais pour des raisons de santé (et aussi de conscience) j’ai arrêté. Mais quand je passe devant une devanture de charcutier, plutôt que de détourner le regard et vivre la frustration, je viens humer les saucissons, sentir les jambons, flairer les pâtés. Et plus je sens par le nez, plus je remplis mon corps de prana (l’énergie qui se trouve dans l’air et les aliments et qui d’après les traditions indiennes se trouve essentiellement dans le gout et l’odeur des aliments et très peu dans la matière elle-même). Je n’ai alors plus besoin de mettre en bouche l’aliment pour me délecter (vous pouvez aussi mettre en bouche, mâcher et recracher, comme le font les œnologues pour bénéficier de la sensation sans l’ivresse).

Et pour tout ce qu’on inhale, comme fumer du tabac, imaginez que vous avez une cigarette dans les doigts. Vous pouvez éventuellement faire un petit rouleau d’un post-it comme les enfants pour croire qu’il y a une cigarette. Et respirez l’air à plein poumon comme si vous fumiez. Vous verrez le plaisir qu’il y a à aspirer cet oxygène, ce qui constitue d’ailleurs, paraît-il, une grande part du plaisir à fumer, car l’important, rappelez vous, c’est de respirer !

Ainsi, chaque fois que vous avez une petite frustration, essayer de créer les conditions pour faire un miracle, en utilisant votre imagination et les mémoires de ce que vous avez déjà réalisé pour vivre pleinement sans nécessairement céder à vos sensations. Et ce type de transmutation, c’est une pratique éminemment tantrique…

Enjoy !

Jacques

Et, comment gérez vous vos petites frustrations?

Testez les techniques données dans le texte et proposez les vôtres